SUCRE

Plus personne n’est dupe, nous allons arrêter de parler au présent dans nos prochains articles car le rêve est désormais terminé. Et oui, nous sommes revenus à la réalité il y a déjà plus d’un mois et entre les apéros, les repas en famille ou entre amis à se péter le bide, le réaménagement et la reprise du boulot, tu comprends que nos derniers récits ne soient pas encore publiés.
Mais comme nous n’aimons pas laisser l’histoire inachevée, nous reprenons notre aventure là où nous l’avions laissée rien que pour ton plaisir.
Directement sortis du 4×4 au cœur de la ville de Uyuni nous sautons dans le premier bus en partance vers Sucre. Pour le coup, il était possible de passer une nuit à Uyuni – une des villes les plus moche de notre voyage – ou de partir directement en direction de Potosi, Tupiza, Sucre, La Paz. On avait choisi de faire le tour du pays en commençant par la belle Sucre. Deux autres raisons nous ont poussé à rejoindre directement cette ville. La première est que nous avons prévu de retrouver des amis rencontrés au milieu du Pacifique sur l’île de Pâque, j’ai nommé Natnat et Mamax et la seconde est que le premier match de l’équipe de France durant le mondial de foot se déroule au petit matin de notre arrivée à Sucre. Je t’arrête tout de suite, Sucre ne se prononce pas comme le petit cube blanc que tu mets dans ton café, non là on est en Amérique du Sud mon ami alors mets un peu de chaleur dans ton langage et roule les R comme il se doit ! On répète, Soucrrréééé. Parfait on y est et rien que d’y repenser ça me donne faim.
A ce moment ce n’est que le début de notre périple Bolivien qui sera placé sous le signe de la bouffe. Fini le Chili et notre budget reprend des couleurs car en Bolivie nous n’avons clairement pas eu le même rythme de vie. Pas une seule fois nous nous sommes fait à manger et c’est quand même un grand luxe et un plaisir de pouvoir manger dehors à tous les repas. De plus, nous commençons fort avec Natnat et Mamax qui sont de grands amateurs de bouffe et connaissent déjà les bons coins de la ville et le mode de fonctionnement des repas en Bolivie. Je pense sincèrement qu’ils auraient dû noter le moindre bouiboui où ils ont mangé durant leur voyage et ils seraient aujourd’hui développeur en chef de l’application TripAdvisor. Bref, nous avons raté le match – mais apparemment nous n’avons pas loupé grand chose – et c’est en bonne compagnie que nous avons découvert cette ville de 300 000 habitants au charme colonial et aux façades blanches.
Comme nous sommes avec nos bouboules préférés ça commence évidemment par un almuerzo. Il faut savoir que le repas principal en Bolivie et dans pas mal d’autres pays Sud Américains est celui du midi. A l’image de notre menu du jour entrée, plat dessert, on trouve ici l’almuerzo qui se décompose de la même manière. En revanche, on s’en sort pour environ 2€ par personne pour le tout alors on ne s’est pas privé !

 

La tournée de la ville

Pour la digestion, rien de mieux qu’une petite marche en arpentant les rues de cette ville très particulière. La capitale constitutionnelle classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, repeinte récemment pour conserver son titre, et sous ce soleil radieux avec un fond de ciel bleu pur, bein ça pique les yeux. Lunettes de soleil obligatoire ! Le contraste entre cette ville propre, d’un blanc immaculé et la pauvreté d’une population qui ne ressemble absolument pas à leurs voisins Chiliens nous saisit immédiatement.
Nous sommes déjà dépaysés de notre précédente nation. Notre petit tour commence inévitablement par la Plaza 25 de Mayo qui est le cœur de cette ville que nous avons traversée à chacune de nos excursions citadines durant les cinq journées passées ici. Cette place concentre et rassemble la population qui se plait à venir passer le temps et discuter sur des bancs à l’ombre des arbres.
On y trouve aussi quelques restaurants sympas. C’est le passage obligatoire pour explorer Sucre. Nous avons aussi beaucoup aimé se perdre dans le marché, surtout au niveau des cuisines qui sont vite devenues notre cantine. On t’a dit qu’on s’est mis en mode glouton? Tu y trouves des plats à 10 bolos (environ 1,25€), des jus, des yaourts. Tout est fait minute et on adore l’ambiance locale.
Aller on descend vers le Parque Simon Bolivar qui nous réserve une petite surprise. En fait on savait déjà ce qui nous attendait là-bas mais je voulais mettre un peu de suspens avant de te dévoiler ce qui s’y trouve niché entre les cyprès de cette place toute en longueur. Je ne te dis même pas ce que c’est de peur de te spoiler le truc et je te met une photo direct.
Incroyable non ? Cette réplique orange de très bon goût de notre emblème national. Pas peu fier, nous n’avons pas résisté de monter pour se donner un peu de sensation vertigineuse au sommet de la tour haute d’une trentaine de mètres.
Aller on repart vers l’ouest de la ville, on n’ose pas tester les espèces de gelées avec leur par-dessus de chantilly qui attendent au soleil depuis le matin, alors pas de petit encas pour aujourd’hui. Nous nous dirigeons donc vers le cimetière de la ville. On y trouve là-bas une certaine tranquillité, en même temps les voisins sont pas trop chiants et nous observons que c’est aussi un lieu plein de vie avec des étudiants qui bûchent leurs examens et d’autres qui s’exercent à la guitare. L’ambiance est loin d’être morbide et c’est plutôt sympa de déambuler à l’ombre des cyprès en cherchant une personnalité enterré dans un coin d’une allée. On se rend vite compte que nous connaissons pas les Boliviens connus qui gisent ici.
L’heure de l’apéro approche, ça tombe bien on avait organisé notre journée pour arriver au bon moment sur le point haut de la ville d’où on peut admirer le coucher du soleil en sirotant une bière en terrasse. Là aussi, plein de vie sur la place et la coursive qui surplombe le bar. Les jeunes se disputent le ballon et les mariés accours pour immortaliser le plus beau jour de leur vie sur fond de coucher de soleil avec cette lumière orangée qui caresse les toits en tuile rouge de la ville.

 

Convento de San Felipe de Neri

Conseillé par le guide du routard, même si ce lieu n’est noté que deux routards nous nous laissons convaincre par Natnat et Mamax mais on se demande si nous devrions les suivre dans cette visite. Situé en plein centre ville ce couvent sert aujourd’hui d’école mixte que l’on peut visiter alors que les enfants travaillent sur leurs petits bureaux et vêtus de leur uniforme. On se dit que le cadre d’apprentissage est plutôt pas mal. A première vue cet établissement est assez classique dans son architecture avec un grand patio cerclé d’une coursive à arcades.
Du classique dans le style colonial mais l’intérêt principal se trouve sur le toit. En effet, après l’ascension des anciennes marches polies et creusées par les innombrables passages, nous accèdons au sommet du bâtiment qui est aussi l’un des plus haut du centre ville. Nous pouvons à présent profiter de cette vue à 360° sur la ville blanche. C’est indéniablement le plus beau point de vue du coin, la “tour Eiffel” est rétrogradée au classement général. Elle n’a même jamais figurée dans un quelconque classement d’ailleurs.
On se dit aussi que ces terrasses pourraient faire un super roof-top pour la jet-set Bolivienne. Non ce n’est pas une bonne idée… Laissons le patrimoine de cette ville intact et les enfants tranquilles. Pour finir, nous aurions bien mis trois routards à ce lieu.

 

Tarabucco

A quelques heures de collectivo de Sucre, se trouve le petit village de Tarabucco qui est réputé pour son marché. Tous les villageois alentours présentent une fois par semaine leurs produits consommables – fruits, légumes, viandes, et autres – tandis que d’autres y viennent avec leurs ouvrages tissés qui sont – parait-il, nous n’en avons pas vu – d’une belle manufacture. En tout cas, nous trouvons de tout, le village entier se transforme en marché. On y croise effectivement différentes “ethnies” qui se distinguent par leurs vêtements traditionnels colorés avec des froufrous, ou ces hommes qui portent le casque de dark vador. Je n’ai malheureusement pas de photos car nous sentons une réelle gène des habitants par rapport à l’appareil photo. Ils se retournent alors que je ne prends que la rue en photo. On sent, ici, beaucoup plus la pauvreté qu’à Sucre qui à l’air finalement peuplée d’une population beaucoup plus aisée que dans les villages périphériques.
Je reviens sur le termes collectivo que j’ai employé un peu plus haut : c’est quoi le collectivo ? Imagines le mix parfait entre blabla car, les taxis et les bus… En gros, il y a un chauffeur qui conduit un van allant de 9 à 12 places sur une ligne régulière. On en trouve en ville pour se déplacer de quartiers en quartiers et d’autres joignent deux villes ou villages proches. Pour ces derniers il y a des arrêts bien connus des locaux et les départ sont à toutes heures de la journée dès que le van est plein. Les citadins circulent dans la ville sur leur “ligne” définie par le chauffeur et s’arrêtent dès que tu lui fais le signe spécial. C’est quoi le signe spécial ? En fait il n’y en a pas, tu siffles, un grand signe de main, tu te mets au milieu de la route, c’est toi qui vois. Le principal c’est de se faire voir par le chauffeur, ce qui n’est pas toujours évident. Comment savoir dans quel sens il va ou plus simplement comment aller à ma destination sans faire le tour de la ville. Très facile, ils sont au top de l’organisation les mecs ! Sur le pare-brise on voit des panneaux sur lesquels sont inscrits les noms des quartiers par lesquels va passer le collectivo. J’insiste sur le mot « VA » parce qu’une fois que la destination affichée est passée, le chauffeur retourne le panneau pour afficher une autre destination pour indiquer son trajet retour. Bref, on adhère de suite parce que c’est simple, efficace, il y en a partout et tout le temps, on descend où nous voulons – pas besoin d’attendre un arrêt et surtout c’est pas chère. Les tarifs sont fixes. Les seules difficultés dans la pratique du collectivo sont de connaitre les noms des quartiers où se trouve le lieu de descente et de faire comprendre au chauffeur que nous souhaitons descendre. Notre espagnol n’étant pas au top, on est un peu hésitant surtout quand tu te trouves au fond – dans le coffre en fait – et qu’il faut gueuler à travers les têtes des dix autres passagers. Une fois qu’on à la formule, on se prend presque pour des locaux tellement c’est facile de se déplacer comme ça. Viva el collectivo !!!
Notre première destination Bolivienne est une agréable surprise et donne le ton pour le reste de notre séjour. Tu verras, on ne parlera pas en mal de ce pays souvent traversé et méconnu des voyageurs. Nous avons pris le temps de le visiter comme il se doit et il reste un de nos coup de cœur. Mais on en parlera bien assez dans les prochains articles, si j’arrive à me motiver et prendre le temps de poser par écrit nos souvenirs et surtout les petits détails de ce voyage qui parait déjà si loin.

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