SALAR DE UYUNI

Nous poursuivons notre route au milieu des déserts de l’Altiplano – plaines situées à haute altitude – et qu’ils soient de sable, de neige ou de sel, nous passons par des paysages uniques au Monde. Ces trois jours passés à bord d’un 4×4 accompagnés d’un couple de Suisses et un autre de Danois, totalement coupés du Monde nous aurons fait découvrir quelques un des plus beaux endroits qui nous ont été donnés de voir durant ce Tour du Monde et le clou du spectacle, j’ai nommé le Salar d’Uyuni, arrivera au dernier jour comme pour ponctuer en beauté ce séjour au cœur des déserts de Bolivie.
Et oui, à partir de ce jour, nous entrons dans un nouveau pays rempli de Boliviens et de bonnes surprises comme tu pourras le lire dans les prochains articles. Pour commencer, il n’y a pas qu’une seule manière de faire l’excursion du Salar d’Uyuni et heureusement. Tu trouveras une ribambelle d’agences proposant le tour généralement effectué en 3 jours depuis les villes de San Pedro de Atacama au Chili – ce qui est assez pratique pour nous – et de Uyuni directement. Il est également possible de partir de Tupiza en Bolivie pour ceux qui arriveraient d’Argentine ou de Bolivie et souhaitant réaliser ce tour d’un manière légèrement différente et dans une ambiance un peu plus intime qu’en partance des deux villes précédemment citées. Depuis Tupiza, le tour se fait en 4 jours et parcours – le premier jour – une partie qui n’est visitée que par les agences de Tupiza.
En terme de prix, on en trouve pour tous les goûts à Uyuni, il faudra donc faire bien attention à l’état du véhicule et du pilote et de tout ce qui est censé être compris dans le tour lorsque tu trouveras une agence moins cher que les autres. Depuis Uyuni, il est également possible de ne visiter que le Salar sur une journée. En revanche, depuis Tupiza et San Pedro les prix sont relativement plus élevés du fait d’une concurrence beaucoup plus faible et par conséquent des qualités de prestation censées être meilleures. Avec Tripadvisor aujourd’hui, une réputation se fait et se défait rapidement. De plus, depuis Tupiza, il faut ajouter le prix d’une journée de visite en plus. Concernant les agences de San Pedro, elles font venir les chauffeurs d’Uyuni car aucune société Chilienne n’est autorisée à exploiter le filon très lucratif du Salar. On ne t’a pas encore dit que les Boliviens n’aiment pas trop les Chiliens??? – une vieille histoire d’accès à la mer. Pour toutes ces raisons, il est facile de comprendre pourquoi les tours sont plus onéreux depuis ces deux villes. Quoi qu’il en soit, et comme toujours, un avis frais sur les sites spécialisés ou provenant directement d’un visiteur est toujours une bonne indication de la qualité des services proposés.
C’est enfin parti pour trois jours à se faire secouer tel des pruniers à bord de notre 4×4 sur les pistes empruntées par les pilotes du Paris-Dakar. Comme la tempête que nous avons essuyé quelques jours auparavant à San Pedro a fait tomber quelques centimètres de neige sur la route du col permettant de passer la frontière à une cinquantaine de kilomètre du village, nous devons passer par la route empruntée par les bus classiques pour rejoindre la Bolivie. Le passage de frontière de Ollague est plus facilement accessible mais se situe à 300km de San Pedro. C’est donc avec quelques heures de sommeil – à peine 2 – que nous prenons la route. Nous avons été contraint de repousser notre départ déjà deux fois afin de bénéficier des meilleures conditions climatiques possible. C’est seulement après le passage de la frontière que nous embarquons dans notre bolide tous terrains et c’est là que nous découvrons la horde de 4×4 qui attendent les personnes qui se sont accumulées durant trois jours en attendant, comme nous, le créneau climatique idéal.
Le temps d’un petit déj copieux et de faire connaissance avec nos compagnons de voyage, nous repartons pour nous arrêter assez rapidement à un premier mirador. La journée s’annonce idéale avec ce ciel d’un bleu pur. Il fait un peu froid mais ce premier point de vue sur le volcan Ollague nous réveille instantanément.
Puis on enchaîne avec deux petites lagunes. Il y en a à ne plus savoir qu’en faire dans cette région et nous en avons déjà vu un paquet ces derniers jours mais c’est toujours aussi beau. La première parait gelée et pourtant un jeune flamant rose n’ayant pas encore atteint l’âge adulte se pavane devant nous.
La seconde lagune en abrite un peu plus et la neige tombée ces derniers jours apporte une touche surnaturelle au site. Le vent est glacial, les plumes des oiseaux s’ébouriffent, on planque nos mains dans nos poches comme on peut mais on ne parvient pas à résister à la tentation de la photo et d’immortaliser ce moment. On se dit que la vie des flamants n’est pas de tout repos.

 

A ce moment de la journée, on se demande si nous allons passer ces trois jours en compagnie de la horde de visiteurs que nous suivons depuis la frontière. Mais les pilotes des trois 4×4 qui forment notre groupe décident de nous faire pleinement profiter des paysages et de la solitude qu’ils peuvent offrir. Nous zappons alors la “cafétéria” placée sur la dernière lagune pour nous poser dans un canyon à l’abri du vent afin de prendre notre pique-nique. Là, nous commençons réellement à apprécier le moment présent sans être perturbé par les dizaines de touristes. Non pas que nous soyons associables, mais la nature s’apprécie beaucoup plus dans le calme et sans présence humaine.
Pendant la courte marche digestive longeant le canyon, nous voyons pour la première fois un petit animal très particulier et tellement mignon, j’ai nommé le Viscacha. Un savant mélange de lapin, marmotte et chinchilla. Pas farouche du tout, cet animal à la fourrure épaisse et à la démarche de kangourou se laisse approcher de très très près pour voir s’il ne nous reste rien à bouffer. Malheureusement pour lui, nous avons englouti tout le déjeuné mais il se laisse quand même prendre en photo. On aimerait beaucoup le caresser mais pas si fou le Viscacha. Trop peur de finir en écharpe tellement il sait qu’il est doux.
Nous reprenons la piste et passons par le désert de Siloli. Rien que le voyage en voiture est mémorable. Les paysages que l’on traverse sont dignes des plus grands films d’aventure et notre regard se perd à l’horizon et on profite pleinement de chaque instant en regardant à travers la vitre.
Encore un petit arrêt devant “l’arbre de pierre”. Formé par les vents, cette arbre que l’on croirait foudroyé puis fossilisé n’attend que nous pour nous prouver une nouvelle fois que la nature fait preuve d’originalité et de gout en créant ce genre de sculpture.
Pour finir en beauté, nous nous dirigeons vers la Laguna Colorada. Oui encore une tu vas me dire, mais celle-ci dépasse toutes les autres de part son originalité et sa beauté exceptionnelle. Pourquoi Colorada ? Parce que l’eau de cette lagune a une couleur très particulière obtenue grâce à la présence, en très grande quantité, de micro-crevettes riches en carotène.
Et qui dit micro-crevettes riches en carotène – je ne connais pas le nom – dit … flamants roses, encore, et en très grande quantité également. Nous y arrivons avant le coucher du soleil et prenons le temps d’observer le ballet de ces oiseaux colorés. Tout d’abord saisis par le paysage ocre qui entoure cette lagune, nous sommes ensuite émerveillés par la beauté du vol des flamants.
Quelques lamas ont élu domicile aux abords de l’eau. Il y fait encore très froid mais la lumière chaude du soleil couchant donne à cet instant quelque chose de magique. On restera là jusqu’à la tombée de la nuit et remontons dans le véhicule afin de nous réchauffer un peu.
Cette longue première journée s’achève après un bon repas alors que la nuit est déjà présente depuis quelques heures. Le mal de l’altitude se fait ressentir avec toute une journée passée à plus de 4000m et le manque de repos due à la courte nuit précédente. Désespérés de partir un jour découvrir le Salar d’Uyuni, nous avons emprunté un chemin alternatif du fait de la météo peu clémente de ces derniers jours. Par conséquent, nous n’aurons pas eu le temps nécessaire pour se baigner dans les sources chaudes ni de voir les Lagunas Bianca et Verde qui font parties du tour initial.
Le lendemain, reposés et rassasiés par le petit déjeuner copieux, nous découvrons un paysage entièrement blanc autour de notre “hôtel”. La neige ayant recouvert la plaine environnante et les nuages étant toujours présents – en fait nous sommes dans les nuages – c’est dans cette ambiance feutrée que nous commençons notre deuxième journée de trip dans le désert.

Notre premier stop se fait dans un canyon sec qui nous offre quelques sculptures de roches assez particulières. On a, pour commencer, le chameau. Très réussi, on se demande presque si la main de l’homme n’y est pas pour quelque chose.

Puis, comme une prémonition, nous tombons sur “la copa del mundo”. La compétition ne débute que dans 3 jours et à ce moment nous ne pouvons pas en imaginer l’issue. Celle-ci était compliquée à ramener à la maison mais représente bien le trophée si célèbre.
Une petite marche pour découvrir d’autres étrangetés de la nature avant de revenir au chaud dans le 4×4. Oui il fait froid en hiver en Bolivie et encore plus à 4000m d’altitude.
Deuxième stop, un autre canyon. Nous observons celui-ci depuis un mirador surplombant le rio qui y coule au fond. On le nomme Rio Anaconda du fait de sa forme qui serpente dans la large vallée qui forme ce canyon. La vue est vertigineuse et nous sommes impressionnés par sa profondeur.
Cette seconde journée fut beaucoup plus courte que la précédente.  Nous faisons un dernier arrêt à un ancien village qui vivait des échanges commerciaux transitant par cette région via le chemin de fer qui traverse le pays. Aujourd’hui, il y a beaucoup moins de passage qu’autrefois car l’essor de la construction routière à largement facilité le transit des marchandises et des personnes et rendu ces lignes ferroviaires obsolète.
Ce soir là, nous nous sentons proche du Salar d’Uyuni car l’hôtel est totalement réalisé en bloc de sel, on fait avec les moyens du bord. On goûte les murs pour en être bien sûrs et on valide le certificat “made in salt”. Heureusement, ils ont quand même du bon sens et les salles de bains sont conçues de manière plus classique afin d’éviter la fonte du sel à chaque douche.

Nous y voilà, ultime et dernier jour de notre périple. Levés très tôt pour arriver aux meilleures heures sur un promontoire au milieu du plus grand désert de sel du Monde, rien que ça. C’est donc de nuit que nous partons à l’assaut de cette étendue de plus de 10 500km² , l’équivalent de 1 400 000 terrains de football. Nous ne nous apercevons pas immédiatement que tout ce qui nous entoure n’est que du sel jusqu’à ce que notre pilote sorte de la piste pour tracer droit au milieu de rien.
Nous roulons à présent sur une immense plateforme faite de sel et d’eau. Nous manquons presque de nous en-saler dans l’un des pièges tendu par la nature et les pluies de ces derniers jours qui ont rendues le sol un peu instable à certains endroits. Le soleil, pourtant encore sous l’horizon, commence à donner quelques ombres au paysage. C’est à ce moment que l’on commence à comprendre dans quelle immensité nous nous trouvons. Cela fait presque une heure que nous avons quitté la piste et nous voyons notre point de destination au loin. Et il nous faudra encore quelques dizaines de minute avant de rejoindre cette “ile” qui semblait jamais vouloir – tel un mirage – se rapprocher de nous.
Nous parvenons finalement au levé du jour à l’île aux cactus – son vrai nom est Incahuasi  – qui nous permet d’avoir un point de vue à 360 degrés sur l’incroyable paysage que nous traversons depuis quelques heures. On l’appel l’île aux cactus car elle est peuplée uniquement par ces immenses plantes grasses pouvant atteindre plusieurs mètres.
Cela rend le coin vraiment surréaliste avec la neige qui s’ajoute pour nous déstabiliser un peu plus. Que font ces cactus à 3660m d’altitude et au beau milieu d’un désert de sel ? En tout cas c’est vraiment joli et nous profitons à fond de ce moment qui nous laisse sans voix.
A notre retour, le chauffeur nous attend à côté d’une table en sel sur laquelle il nous a dressé le petit déjeuner, l’un des meilleurs de notre voyage car le site est juste incroyable.

C’est reparti pour quelques kilomètres au cœur de ce désert, et plus le jour se lève plus l’immensité se fait ressentir.

Rien à l’horizon. Parfait pour s’adonner au petit jeu bien connu des voyageurs qui arpentent le coin : les photos de perspective. On avoue ne pas avoir eu trop d’idées sur le coup mais on passe vite une heure à essayer de trouver un moyen sympa d’utiliser ce paysage dénudé de tout ce qui pourrait donner une échelle de grandeur aux sujets qui sont pris en photo.
On s’amuse bien et les lunettes de soleil deviennent obligatoire à cause l’extrême blancheur du site et de la réverbération des rayons du soleil sur le sol. Tout est absolument immaculé autour de nous, c’est magique.

Allez les enfants on remonte en voiture pour voir l’un des derniers sites du parcours. Nous passons rapidement devant le tout premier hôtel de sel de la région et un petit promontoire où l’on s’amuse à rechercher le drapeau de son pays. Il parait qu’ils y sont tous, nous avons compté deux drapeaux bretons – toujours aussi chauvins ceux-là.
Puis on enchaîne avec le symbole de la course mondialement connue du Paris-Dakar – réalisée aussi en sel – qui passe régulièrement par les paysages emblématiques de la région du Sud Lipez dans laquelle se trouve le Salar d’Uyuni.
Dernier arrêt au cimetière des trains, où l’on y trouve les vestiges des anciennes locomotives abandonnées du fait de l’augmentation des compagnies de transport routier qui ont largement contribué à l’essor économique du pays au détriment des voies de chemins de fer.
Voilà, ces trois jours en compagnies de nos nouveaux amis de voyage sont passés à toute allure et nous partons directement en direction de Sucre pour essayer de voir le premier match des bleus en compagnie de nos copains les onzemoisonzeroad.

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