SAN PEDRO DE ATACAMA

Pas moins de 24 heures de bus nous séparent de Valparaiso – au centre du pays – au petit village de San Pedro situé dans le désert d’Atacama – tout au Nord. C’est donc après avoir traversé la moitié du pays d’une traite en longeant l’océan Pacifique et en coupant les longues plaines sableuses désertiques, que nous arrivons dans cette petite bourgade nichée près d’un oasis au milieu du désert.
Le centre du village n’est désormais habité que par des agences qui proposent de découvrir les immenses richesses naturelles des environs et de boutiques de souvenirs en tous genres. Mais le lieu a réussi à conserver le charme d’un village dans le désert comme on peut l’imaginer, fait de petites maisons de terre sèche avec des rues recouvertes de sable volant aux quatre vents. C’est donc le point de départ idéal pour aller rassasier nos yeux de paysages incroyables et quasi endémiques de cette partie du Monde.
Nous aurons l’occasion de voir de superbes lagunes peuplées de flamants rose, d’autres perdues aux pieds de montagnes à 4500m d’altitude, le tout entouré de volcans et d’une faune andine que nous commençons à bien connaitre. Les vallées de Mars et de la Lune nous plongeront directement sur une autre planète avant de terminer notre séjour avec le regard en direction du ciel incroyablement étoilé du désert d’Atacama pour une découverte approfondie de la voix lactée et des constellations.
Qui dit beaucoup de choses à voir, dit beaucoup d’agences en centre ville. On se rend vite compte que les prestations sont souvent identiques en terme de prix et de lieux de visite. Mais nous avions anticipé le coup, pour une fois, en jouant un petit coup de poker : louer un véhicule. En effet, après la lecture de plusieurs blogs, il en ressort que les tours – comme bien souvent – sont chers, sur-bondés, et trop rapides pour te laisser le temps d’apprécier chaque lieu à sa juste valeur. Alors la bonne idée que nous avons eu avant de partir de Valparaiso s’est avérée être la meilleure pour prendre le temps sur chacun des sites en organisant nos tours comme nous le souhaitions et le tout en petit comité. A la base, nous voulions reprendre un Van pour nous perdre quelques jours dans le désert glacial d’Atacama mais l’idée nous ait vite passé en se remémorant nos aventures récentes et en voyant le prix de location. Nous nous sommes donc rabattus sur une simple voiture pendant deux jours. J’avoue, ce n’était pas cadeau non plus mais nous avons réussi à combler les places vides avec un simple message posté sur les réseaux sociaux et avec la rencontre d’autres acolytes à notre guesthouse.

 

Le Village

Il est agréable de se promener dans ces rues à l’ambiance western car en milieu de journée, elles sont quasiment désertes du fait que tous les visiteurs soient en excursion dans les environs. On ne manquera pas de t’alpaguer pour te vendre l’une des nombreuses possibilité de tour organisé mais jamais avec insistance, ce que nous apprécions. A l’angle de certaines ruelles, on peut voir le volcan Licancabur qui domine la ville du haut de ses 5920m. Ce cône parfait délimitant la frontière Chilienne et Bolivienne donne une âme au paysage.
On y trouve aussi une charmante petite église sans prétention, parfaite pour notre confession hebdomadaire.
Le soir, dès le retour des visiteurs, c’est beaucoup plus animé, les restaurants et les bars ouvrent leurs portent et les rues sombres se remplissent de monde. Mais ce que nous avons préféré, après quelques mois passés loin de chez nous, ce sont les petits déjeuners de “la Franchuteria”.
Une boulangerie tenue par un français qui parvient à faire un vrai pain au bon goût de chez nous. On en a essayé des boulangeries soi-disant française mais celle-ci nous replonge directement sur notre terrasse sous le soleil Antibois avec une baguette croustillante sortie du four et beurrée avec amour. Associée d’un jus d’orange frais et d’une confiture maison, nous sommes déjà séduit par San Pedro. Il nous en faut peu pour être heureux.

 

Laguna Tebenquiche

Notre première journée de vadrouille commence auprès de la Laguna Tebenquiche perdue en plein milieu d’une plaine déserte et qui est réputée pour être le garde manger de plusieurs espèces d’oiseaux dont les gracieux flamants rose. A cette saison, leur nombre est quelque peu diminué du fait que leur migration vers d’autres lagunes est déjà entamée, mais il reste les moins frileux pour nous offrir quelques superbes images. De plus, la faible épaisseur d’eau dont dispose cette étendue reflète parfaitement le paysage volcanique.
Cette projection parfaite dans l’eau et le silence qui règne nous permet d’apprécier comme il se doit l’immensité et la zénitude de cette nature dépouillée. Autant dire que l’on commence bien notre journée. Sur la route, non loin de l’entrée de la lagune, on peut observer deux trous naturels, parfaitement rond, qui sont également remplis d’eau, appelés Los Ojos – les yeux du désert.

 

Valle de Marte

Communément appelée Valle de la Muerte – on ne peut le reprocher à personne car c’est ce qui est inscrit sur tous les panneaux d’indication – mais en réalité il s’agit bien de la Valle de Marte. Cette erreur de “langage” nous vient d’une confusion entre les deux mots, assez proches phonétiquement mais bien différents dans la traduction. Muerte = Mort tandis que Marte désigne la planète Mars. On ne peut toujours pas reprocher cette confusion en observant ce paysage désolé, fouetté et sculpté par les vents. Les deux noms lui vont à ravir et nous ne pouvons les départager.
Au détour d’un virage, nous entrons dans l’enceinte de cette vallée particulière. On ne pourrait imaginer, de l’extérieur, à quel point nous changeons radicalement de planète en circulant sur la petite piste sinueuse qui se perd dans les concrétions de roches. Au bout de la piste, nous sommes au cœur de la vallée, encerclé par une immense dune de sable et une formation rocheuse brune faisant penser à celle que l’on peut imaginer de la planète Mars. Pour avoir un meilleur point de vue de l’ensemble du paysage, nous décidons de monter à pieds sur un plateau surplombant le tout. De là, les grains de sables portés par le vent nous fouettent le visage – prémices d’une tempête imminente – mais la vue est splendide.
Pas découragés par les bourrasques, nous décidons de redescendre par un autre chemin. En remontant sur le plateau placé juste en face nous parvenons à longer le chemin pris à l’aller – mais 150m plus haut – jusqu’à la naissance de la dune de sable. Là encore le belvédère est impressionnant et la descente se fait dans la joie en dévalant, depuis son sommet, la gigantesque dune qui nous sépare de la voiture. Deux chiens nous escortent depuis le début et se régalent tout autant que nous dans la pente de sable. Nous les soupçonnons de nous avoir guidé inconsciemment vers cet endroit pour dévaler la pente avec nous.
Il est également possible de descendre cette dune en sand-board mais seulement en passant par une agence qui t’emmènera sur place et te louera le matos nécessaire.

 

Valle de la Luna

On reste dans le thème de notre système solaire en se rapprochant de notre planète. Nous voilà rendus maintenant sur la Lune. Ce site est très prisé des visiteurs de San Pedro de Atacama car il est très vaste et recèle d’une variété de paysages assez important, mais surtout car les couchers de soleil sont réputés pour être somptueux.

C’est justement, en fin de journée que nous décidons de nous y rendre. Assez tôt pour profiter des différents sites présents le long de la piste comme un “amphithéâtre” formé par une falaise semi circulaire.
On trouve aussi au bout de la piste une sculpture réalisée par le vent au fil des saisons. Nous avons raté l’entrée du canyon se terminant sur une grotte mais vue la queue pour y entrer et les retours des voyageurs rencontrés, nous n’aurions rien raté.
En revanche, nous avons réussi notre coucher de soleil car nous l’avons attendu sur un site remarquable tout en restant en petit comité. En effet, les tours emmènent systématiquement les touristes sur la dune qui est certes un très bon point de vue pour le coucher du soleil mais où il faut se battre pour trouver sa place.
De notre côté, pas de bousculade et on peut admirer la lumière de fin du jour recouvrir la vallée de la Lune. Les tons varient du beige au jaune étincelant pour finir en rose ou violet pastel. Le vent est toujours présent mais nous ne regrettons absolument pas le moment passé là à fêter – avec quelques bières – la fin du jour en compagnie de nos acolytes.

 

Lagunas Altiplanicas

Le lendemain nous nous levons tôt et partons à l’assaut de la route traversant le désert afin de rejoindre quelques sites assez éloignés du village. Au programme du jour, quelques lagunes perdues à 4500m d’altitude et préservées de l’affluence touristique. Un début de tempête se trame depuis quelques jours et nous espérons ne pas faire la route pour rien.
Le ciel est menaçant mais nous arrivons quand même à destination et ce juste avant la fermeture du site de la laguna Miscanti. En effet, juste après notre passage, les gardiens ont fermé l’accès du fait des prévisions météorologiques. C’est dans un froid glacial, transpercés par le blizzard que nous observons les quelques canards survivants ou très courageux que nous trouvons à barboter dans le lac.
Nous continuons cette route qui s’avère être toute neuve et très agréable à emprunter surtout avec notre bolide de sauveteurs secouristes de l’extrême.

Nous passons ensuite par un point de vue sur le site des Piedras Rojas mais la neige ayant commencé à recouvrir le sol et les lagunes, il est difficile de comprendre pourquoi ce nom lui a été donné.

La vue de cette immense étendue d’eau gelée est sublime. A quelques encablures de là, nous tombons sur un autre point de vue mais le vent est tellement violent – et glacé – que Léa n’ose même pas sortir de la voiture de peur de s’envoler ou de mourir cryogénisée sur place.
Pour finir, avant de reprendre la route en sens inverse, nous nous posons face à la dernière lagune du circuit, à savoir la laguna Tuyaito. Nous garons le pick-up face à la vue pour pouvoir en profiter un bon moment sans se transformer en glaçon géant. C’est aussi le moment de casser la croûte et on l’avoue, on est mieux là pour dévorer notre sandwich. On aperçoit quelques Vicunas qui font partie d’une des quatre branches cousines du dromadaire dont font également partie le Lama, le Guanaco et l’Alpaca. On est bien là, à profiter du spectacle, au chaud et certainement un peu enivrés par les effets de l’altitude.
Sur le chemin du retour nous ne pouvons nous empêcher de nous arrêter sur le tropique du Capricorne représenté par cet immense panneau au milieu de nul part.

 

Laguna Chaxa

Aller une dernière pour la route parce qu’on est pas sûrs d’en revoir de si tôt. De plus, c’est une nouvelle occasion de voir plusieurs races de flamants rose endémiques ou faisant halte durant leur migration en provenance du centre du pays ou de la Bolivie. Le sel nous entoure et c’est un paysage nouveau que nous découvrons.
Il est préférable de visiter ce site au lever ou au coucher du soleil car il ne s’agit en fait que de la cantine des oiseaux du coin qui arrivent et repartent avec le soleil. A ces heures on peut facilement admirer des dizaines de flamants voler au dessus de la lagune en nous offrant leur superbes teintes de rose. Nous n’y étions pas à ces heures précisément mais avec un peu de patience il est quand même possible de voir l’envole de ces oiseaux bizarres certes mais très gracieux dans leur façon de marcher et de voler.

 

Pukara de Quitor

Voiture rendue, c’est dommage on l’aimait bien celle-ci. Aller c’est pas grave puisque depuis le village de San Pedro il est possible de rejoindre à pieds l’ancienne cité de Pukara de Quitor. Ces ruines d’une ancienne forteresse en terrasse construite par les Atacamènes, fût l’un des derniers bastion de résistance contre l’envahisseur Espagnol. Prévoir un peu d’eau pour la journée car il fait chaud et l’ombre est difficile à trouver dans le désert.
On parcourt ce qu’il reste de cette cité pour atteindre son point le plus haut et contempler l’ouverture du canyon contre lequel a été construite ce village.
Puis nous redescendons pour rejoindre un autre point de vue, encore plus haut et bien plus impressionnant de par le paysage qu’il nous permet d’observer.

En haut on y trouve une plateforme d’où nous pouvons voir à 360°.
D’abord le volcan Licancabur qui trône en maître face à nous avec une plaine interminable qui s’étend jusqu’à l’horizon.

Enfin, on peut aussi avoir un autre point de vue de la Vallée de Mars que nous avons visitée quelques jours plus tôt et on reconnait qu’elle nous fait le même effet de surprise lorsque nous la redécouvrons à l’opposé de la plateforme.
De ce côté aussi, le spectacle est magnifique.
Pour finir, nous revenons sur nos pas en direction de l’ancien village pour le contourner et entamer le chemin qui pénètre dans le canyon afin de visiter un dernier site. On tombe sur un magnifique arbre qui semble être sacré puis sur un visage sculpté dans la roche.
En passant la porte de pierre et en longeant l’étroit couloir coincé entre deux parois rocheuses nous arrivons face à l’entrée d’une cave. A l’intérieur, nous nous y sentons bien car il y fait frais et nous avançons tant bien que mal jusqu’à ne plus rien voir. Ce conduit percé par l’érosion de l’eau est interminable et aura raison de notre motivation d’explorateurs.

 

Ce que nous n’avons pas fait

Nous sommes repartis de San Pedro de Atacama sans avoir exploré chaque recoin de son immense désert. En effet, à cause d’un tempête de sable et de neige qui a fait rage dans les plaines désertiques, nous n’avons pu visiter le fameux geyser de El Tatio qui est l’une des “attractions phares” du coin. Mais l’idée de nous geler les miches à 6h du matin par -15°C pour voir une émanation de gaz provenant du sol et propulsée à quelques dizaines de mètres de hauteur ne nous a pas vraiment séduit. Tout en sachant que nous prenions le risque de ne pas pouvoir accéder au site à cause des chutes de neige après s’être levés à 3h du matin et parcouru près de 90km en pleine nuit dans le désert. Pas rentable en terme de sommeil, alors nous avons renoncé.
Nous avons aussi volontairement – cette fois-ci – décidé de ne pas aller au Salar de Talar car nous avions programmé l’excursion du Salar d’Uyuni quelques jours plus tard et avons pensé que ce dernier serait bien plus impressionnant que son petit frère Chilien.
Bref, on ne s’ennuie pas à San Pedro et il est nécessaire de se laisser du temps pour visiter les sites que tu souhaites absolument voir car la météo est très changeante dans cette partie du pays et elle peut rapidement avoir raison de tes projets.

 

Le ciel nocturne d’Atacama

J’ai failli oublier, le sublime ciel de cette partie du Monde. Et ce n‘est pas n’importe quel ciel, car il s’agit de l’un des plus pur au Monde. Après nos quelques nuits passées en Nouvelle Zélande à observer la voûte céleste, nous avions conclu qu’il est particulièrement étoilé du fait qu’il ait plus d’étoiles visibles dans l’hémisphère Sud que dans l’hémisphère Nord et que la pureté de l’air et le peu de lumière parasite rendait le ciel presque palpable. A San Pedro, nous nous trouvons un peu plus près des étoiles – Emile – car nous nous trouvons à une altitude d’environ 3500m dans l’un des déserts les plus secs au Monde. Tout est réuni pour une parfaite observation des étoiles, planètes, galaxies et diverses objets célestes. D’ailleurs, le désert d’Atacama, du fait des avantages précédemment cités qu’il présente, accueille quelques uns des plus grands télescopes au Monde.

Posées sur un plateau à plus de 5000m d’altitude, les gigantesques paraboles captent les images du ciel, qui sont transformées en données et collectées par un centre d’étude situé à quelques encablures du village. ALMA, le nom de ce programme d’observation -Européen – peut se visiter, de jour, pour les plus férus de science car c’est visiblement assez technique, en Anglais et il n’y a aucune observation du ciel prévu à la visite. Pour y participer c’est assez compliqué, avec une liste de personne programmée des mois à l’avance, uniquement le weekend mais gratuit. Pour plus d’informations, tu voudras bien rechercher sur internet. Sinon pour les non initiés et les amateurs d’astronomie souhaitant observer de leurs propres yeux le ciel, il existe tout un tas d’agences qui proposent cela. Nous avions été conseillé par des amis et le fameux routard de choisir l’agence SPACE. Là encore, pour plus d’info, il existe un site qui t’expliquera en détail ce que comprend la visite. C’est certes un peu plus cher que les autres tours nocturnes mais le professionnalisme du gars qui présente le ciel – en français – qui se trouve au dessus de nos têtes ainsi que son humour cinglant et l’infinie connaissance qu’il peut avoir sur le sujet rend cette expérience incroyable. Ce soir là, nous n’avons pas de lune, le vent est complètement tombé et nous avons par conséquent des conditions idéales d’observation. Nous nous souviendrons longtemps de cette expérience et de ce ciel juste surréaliste. Nous n’avions jamais eu l’occasion d’en voir un aussi beau et pourtant nous levons la tête chaque soir où il est possible de deviner une étoile ou une planète dans le bleu profond du ciel.

 

One Comment

Add yours →

  1. c’est cool, on continue de voyager !! ; merci !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :