RAPA NUI / ÎLE DE PÂQUES

L’Île mystérieuse de Rapa Nui plus connue sous le nom de “Île de Pâques” nous a dévoilé presque tous ses secrets et nous sommes très étonnés par la variété des sites à visiter. Quand on entend le nom de cette Île, nous avons généralement tout de suite à l’esprit le fameux Moaï, statue emblématique et unique au Monde . Mais Rapa Nui regorge de surprises pour les visiteurs qui viennent du Monde entier dans le but de percer les mystères d’une civilisation disparue qui régnait sur ce bout de terre isolé.
Avant toute chose, un petit point géographique et historique s’impose. L’Île de Pâques est l’une des îles les plus éloignées de toute terre habitée. Telle une petite tête d’épingle perdue au milieu de l’océan Pacifique, Rapa Nui délimite le triangle Polynésien avec la Nouvelle Zélande et Hawaï. En forme de triangle d’environ 24km de côté, Rapa Nui a connue ses premiers habitants venus de Polynésie Française aux environs de 1200 après JC – cette date est encore remise en cause par certaines études – qui ont réussi à établir une société complexe malgré le manque de ressources vitales. Les premiers européens à poser le pieds sur ces terres sont des Hollandais en 1722. Ils débarquèrent un dimanche de Pâques, c’est pourquoi l’Île porte ce nom aujourd’hui. Elle fût par la suite annexée par l’Espagne suite à l’envoi d’esclaves pour l’industrie du guano puis par la France à la recherche de terre cultivable puis s’en désintéresserons tous les deux. Enfin elle passa sous la bannière Chilienne en 1888. Durant toutes ces incursions étrangères, la population native de l’Île passe d’environ 4000 à pas plus de 110 habitants. Le manque de transmission des savoirs par l’écrit, la chute démographique du peuple originel due l’apport de maladies par les colons et les modifications des croyances imposées par ces derniers  sont les principales causes de l’oublie du culte des Moaï. Aujourd’hui, Rapa Nui est classée au Patrimoine Mondial de l’ Humanité par l’UNESCO et devient l’un des plus grands et des plus intéressants musée à ciel ouvert. Cependant certains mystères restent toujours entiers et c’est ce qui fait le charme de ce petit bout de terre.

 

Les  volcans

On démarre fort avec notre première surprise d’envergure. Nous savions déjà que la formation de cette Île est due à une succession de plusieurs éruptions, mais ce n’est pas l’image principale qui en ressort lorsque l’on parle de l’Île de Pâques. A seulement deux heures de marche depuis le village principal d’Hanga Roa nous tombons sur l’impressionnant cratère de Rano Kau qui est le second volcan qui permit la formation de l’Île telle qu’on la connait actuellement.
On arrive directement sur un belvédère surplombant une superbe caldera parfaitement circulaire avec une fenêtre sur l’océan, la vue est sublime et nous sommes déjà conquis par les paysages hors du commun de Rapa Nui. Ce lieu fût longtemps le seul endroit où l’eau était potable. Au fond de ce cratère poussait bananiers et espèces de plantes endémiques.
Mais il n’y a pas que des cratères, on y trouve aussi de jolis dômes volcaniques répartis un peu partout sur le territoire. On ne peut malheureusement pas visiter le premier volcan – Poike – qui forme aujourd’hui la partie Est de l’Île car c’est un site archéologique en cours d’étude et de rénovation.
Cependant il est possible de se hisser en quelques heures de marche au sommet du volcan Terevaka qui s’est formé après la troisième grande éruption formant la partie Nord Ouest de l’Îîle et qui culmine à 507m au dessus du niveau de la mer. De là, on a une vue imprenable à 360 degrés sur le reste de ce petit triangle et l’on se rend compte qu’elle n’est pas si grande que ça !
Un dernier paysage de formation volcanique peut se visiter et est situé juste derrière la grande carrière de Moai. C’est toujours impressionnant d’entrer dans ces enceintes de roches qui aujourd’hui inspirent plus la tranquillité que l’ébullition de lave et les jaillissements de pierres qu’il a pu y avoir à leur origine. Tu l’auras compris, en arrivant sur Rapa Nui, on pose les pieds sur un volcan géant. Les paysages et la couleur des roches présentent en bord de mer ou dans les terres nous le rappellent à chaque instant.

 

Les grottes et caves

Toujours sur le même sujet, on trouve une flopée de caves en bord de mer formées par l’érosion des roches ainsi que des caves que l’on appelle aussi lavatube. Ce sont en fait d’anciens conduits où circulait la lave en fusion jusqu’à l’océan. A la fin de l’éruption, la lave laisse derrière elle un tunnel qu’il est possible d’explorer si l’on n’est pas trop claustrophobe. Il y en a quelques unes accessibles assez facilement qui débouchent directement au milieu d’une falaise surplombant l’océan.
D’autres ont une entrée et une sortie en plein milieu des terres et étaient utilisées comme abris pour les habitants de la région. C’est encore l’une des surprises de cette Île que nous découvrons presque par hasard. Un vrai petit gruyère.

 

Les villages

Qui dit habitants, dit forcément villages. On retrouve quelques traces de vie avec la construction de murs de pierres dans les caves décrites au dessus pour couper les vents parfois violents. On trouve aussi, par-ci par là des petits édifices – reconstitués pour la plupart – de faible hauteur construits en pierre de lave – on fait avec ce qu’on a – pour s’abriter du vent également. Ces maisons sont généralement protégées par un mur d’enceinte. Le plus bel exemple de construction d’habitation reste le village d’Orongo qui est le dernier village et lieu de cérémonie de la culture Pascuan. C’est là qu’a été prélevé l’un des plus beau Moaï exposé au Bristish Museum de Londres depuis 1869.
Point culture : Pour faire bref et définir le contexte. La culture et les croyances envers les Moaï se sont étiolées depuis quelques années mais le respect de ces “dieux” est toujours présent dans les esprits. Nous nous trouvons dans l’ère de l’Homme Oiseau. Je te passe les détails de la mythologie Polynésienne. Aller, parce que je suis sympa et que de notre point de vue d’occidentaux cartésiens ça peut être rigolo. Selon eux, le genre humain proviendrait d’œufs pondus par des oiseaux ayant copulé avec des poissons après la formation de la mer et l’émergence des premières terres, à partir du chaos primordial. On peut se poser quand même la question que le fait que l’homme ne fasse pas d’œuf ne choque personne et ne corrobore pas du tout leur légende. C’est pas mieux qu’Adam et Eve de toute façon. Bref, de cette légende découle une rite annuel que certains définissent comme une épreuve de Koh-Lanta version extrême, on pourrait dire que c’est aussi un mix entre les Jeux Olympiques et Miss France. Chaque village désigne son plus bel et plus fort athlète pour participer à cette épreuve de “l’Homme Oiseau”. Les règles sont simples. Il faut descendre à main nue une falaise à pic de près de 300m de haut, rejoindre à la force des bras, posé sur un flotteur en osier, le Motu situé juste en face.
C’est sur ce motu que la race humaine aurait été créée. Une fois sur la terre ferme, il faut trouver un œuf et cela pouvait prendre quelque jours voire des semaines – ils partaient quand même avec quelques provisions. Bon, le gars vient de trouver l’œuf en question mais maintenant il faut revenir au village. Pas facile de nager avec un œuf dans les mains. T’inquiète on a tout prévu ! Les mecs ont un bandeau autour de la tête avec un support destiné à l’œuf. S’il n’est pas encore épuisé par le chemin aller et les puissantes vagues et courants du chemin retour, il faut quand même escalader la falaise à main nue pour montrer à tout le monde l’œuf intact. Voilà le but du jeu, revenir premier vivant – même si je ne pense pas qu’il y ait eu souvent d’ex-aequo -avec un œuf intact sur le front et tout ça pourquoi ? Le respect à vie wesh!!! – désolés on vient de passer 4 jours avec nos copains de onzemoisonzeroad, on a gardé des traces (bisou les copains). Considéré comme un demi Dieu mais il doit quand même vivre en ermite durant cinq mois sans aucune aide pour se nourrir. Son trophée ? Un œuf vide au dessus de la cheminée. Le reste de l’année, il sera choyé telle une divinité jusqu’à être remplacé par le prochain Homme Oiseau.

 

Les carrières

Ne sois pas si impatient, ils arrivent les Moaï. Mais avant de les placer en rang devant l’océan il faut bien les fabriquer. Deux sites de fabrication sont recensés sur l’Île. Un principal d’où sortait ces immenses blocs de pierre à la forme humanoïde et un second d’où était extrait une roche rouge destinée à la confection des couvres-chef des statues. Cette dernière carrière se trouve non loin du village d’Hanga Roa et on y trouve encore quelques vestiges de ces Pukao.
Sur le site de la carrière de Rano Raraku on trouve aussi un grand nombre de Moaï de toutes tailles, toutes les positions et dans des états d’achèvement bien différents. Certains sont à peine sortis de la roche, d’autres sont parfaitement terminés mais sont restés sur leur lieu de sculpture terminal, face au ciel.
On en voit aussi d’autres érigés fièrement comme à leur emplacement définitif et certains seraient tombés face contre terre ou presque totalement enfouis par l’érosion ou le glissement des sols volcaniques. Des entiers, des brisés, en cours d’acheminement. Il y en a pour tous les goûts. C’est le site qui regroupe le plus grand nombre de “spécimen” de Moaï. On a l’impression que le site fût abandonner et laissé tel quel d’un jour à l’autre.

 

Les Moaï

Nous y voilà, le clou du spectacle. Leur réputation n’est plus à faire, pourtant loin de tout, ces statues mégalithiques de basalte sont facilement reconnaissables par leur forme si particulière. En revanche, beaucoup de questions restent en suspend concernant surtout la raison pour laquelle ces géants de pierre ont été érigés et par quels moyens cela a été fait.

Pour le transport, pas bien compliqué, on le traine en le faisant rouler sur des rondins de bois. Pour le mettre sur pieds, là plusieurs méthodes mais personne ne semble d’accord car il n’y pas de trace écrite de cet exploit. La plus plausible consiste à soulever légèrement la statue pour y glisser dans son dos des pierres afin de lever centimètre par centimètre le gros caillou à la forme humaine. Ce procédé reproduit par des archéologues permettrait de mettre en place un Moaï sur sa stèle en à peine deux à trois semaines avec la participation d’une dizaine d’hommes.
Maintenant vient la question du pourquoi ?! C’est évidemment un rite religieux, mais était-ce destiné à la vénération d’un ou plusieurs Dieux ? Etait-ce la représentation de personnages publics ? On pense qu’ils étaient destinés à protéger la population de tout ce qui vient de l’extérieur de l’Île. Mais pourquoi ont-il été retrouvé – tous sans exception – face contre terre à l’arrivée des premiers colons ? La population avait-elle changé de divinité, les guerres de clans visaient-elles à détruire le travail des rivaux ? Où bien les séismes et tsunamis fréquents dans cette région du monde ont eu raison de ce géants mythiques ? Beaucoup de questions sans réponses, cela dit nous avons été totalement absorbés par l’histoire de ce caillou au milieu de l’Océan Pacifique et ressentons que ces statues n’ont pas fini de dévoiler leurs secret tout en gardant leur part de mystères impénétrables.
Une dernière question restent également en suspend : Pourquoi sont-ils quasiment tous tournés vers la terre – seuls sept d’entre eux sont tournés vers l’océan ? Une hypothèse dit qu’ils étaient érigés entre l’océan et les villages qu’ils protégeaient. Oui mais pourquoi les sept regardent l’océan ? Un village était-il présent entre l’océan et les Moaï ?

One Comment

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  1. Wesh sympa cet article ! J’ai même appris des trucs ! Bisous 🙂

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