LES ÎLES SOUS LE VENT

Ah quel doux nom que celui  des “Îles sous le vent”, je suis sûre que comme nous tu l’as déjà entendu et que ça a sonné comme un petit paradis à tes oreilles. Et pour les avoir explorées, je peux te confirmer que s’en est un !
Les Îles sous le vent sont composées de cinq îles hautes et quatre atolls, on compte parmi les plus connues Bora Bora. Mais il n’y a pas que cette dernière qui vaut le détour et nous en avons visité quelque unes que nous allons te faire découvrir.
Nota : Malheureusement pour nous, nous n’avons pas pu visiter Maupiti dont la réputation n’est plus à faire : île sauvage et probablement l’une des rares où il est encore possible de nager avec les Raies Manta et de les voir de très près ! Du coup, si tu souhaites absolument faire un tour par cette Île, nous te recommandons fortement d’organiser tout ton trip en fonction de celle-ci car en effet, les vols sont rares – un par semaine.

 

Huahine

Après la sublime Moorea dont nous partons déjà conquis, nous nous envolons pour Huahine. Plus grande que Moorea mais comptant moins d’habitant, cette Île a su préserver sa nature et l’on vient ici pour son calme et son état quasi sauvage.
En réalité, Huahine s’est montrée bien trop calme pour nous et malgré la location d’un scooter à la journée, nous en avons vite fait le tour. Notre seul attrait aura été la belle plage du Sofitel, un hôtel de luxe abandonné, mais dont la plage est aujourd’hui accessible à tous et qui offre un spot de snorkeling unique. Nous avons pu y observer bon nombre d’anémones, de poissons multicolores et coraux en tous genres. Mais attention le courant y est puissant, au point que même debout il est difficile de tenir sur ses jambes – surtout pour un petit bout de femme grand comme trois pommes comme moi.

 

Raiatea – Tahaa

Ces deux Îles sœur se partagent un lagon commun avec vue sur Bora. Nos rencontres de camping faites à Huahine ont été assez sèches sur Raiatea, disant que l’Île n’avait pas de charme particulier et qu’il n’y avait pas grand chose à voir.
Un peu déçus par Huahine, nous avons choisi de ne rien faire de particulier sur Raiatea si ce n’est un peu de plongée et une excursion autour de l’Île de Tahaa.
Plongée
En jeune plongeur que nous sommes, nous n’avions pas encore eu l’occasion de plonger sur une épave et il se trouve que près de l’Île de Raiatea – à seulement quelques mètres du bord – se trouve l’épave d’un navire. Un trois mats – fin comme un oiseau … – le sistership du Belheme gît sur son flan à environ 30 m de profondeur. Lors d’une violente tempête, le bâtiment qui était venu se ravitailler s’est fracassé sur les coraux et a coulé. Oui, mais il a mis quelques jours à couler et de ce fait, les marins ont revendu tout ce qu’ils pouvaient. Ainsi, deux des trois mats sont encore présents, car le mat central qui était en bois a été revendu avant que le bateau ne sombre.
En tout cas, niveau plongée, pour notre première épave nous étions plutôt contents. Nous avons pu entrer dans la coque du bateau, et constater qu’il y avait une poche d’air à l’intérieur – attention on garde son détendeur car l’air y est pollué mais on peut sortir la tête de l’eau à 26 m de profondeur !
Excursion autour de Tahaa
Plus petite que Raiatea, Tahaa n’en est pas pour le moins riche en culture, notamment en perle mais également en vanille.
Sur les conseils d’un couple francophone rencontré au camping de Raiatea, nous partons en excursion à la journée avec Alex sur le bateau Kamave – Bienvenue en Marquisien. Le coût de l’excursion est un petit peu élevé – 9000 FPC par personne – mais vaut vraiment le coup.

La première étape de cette journée est le “Jardin de Corail”, probablement le plus beau snorkeling de notre séjour en Polynésie. En effet, le bateau est mouillé entre deux motu, on se met à l’eau pour rejoindre l’un d’eux à pieds – l’autre appartenant à un hôtel de luxe. Puis on remonte la passe à pieds sur le motu pour se mettre à l’eau proche du récif. Ensuite, il ne reste plus qu’à se faire porter par le courant dans cette passe dérivante, sans nager simplement en observant les poissons qui, comme nous, se laissent dériver et parfois s’abritent pour grignoter quelques coraux ou algues.
L’expérience est vraiment géniale et on peut la recommencer autant de fois qu’on le désire !
Petit conseil : Se mettre à l’eau en premier ou prendre un chemin éloigné des autres pour avoir l’occasion de voir une plus grande quantité de poissons mais ils sont déjà bien nombreux !

Après le snorkeling, Alex nous sert l’apéro : petit rhum arrangé maison, le premier d’une longue série – quand je te dis que la journée était bien ! Hop, pas le temps de traîner, on file à une demi-heure de bateau vers la vanilleraie où une visite explicative nous attend. Nous apprenons que la vanille a une belle vie : on la ramasse puis on la laisse sécher au soleil, ensuite elle est massée et remise au soleil. Lorsqu’elle est suffisamment attendrie, on recommande de la conserver dans du rhum. Si c’est pas la belle vie ça !? Blague à part, la visite est très intéressante et elle est surtout l’occasion d’en apprendre un peu plus sur cette épice des tropiques.
Après la visite, vient le moment tant attendu du repas. Direction un motu privé, où une pension de famille nous propose un repas Polynésien digne de ce nom. Au menu : poisson cru, cuisse de poulet, chao men (plat chinois), pain coco, riz, poisson du lagon, le tout accompagné d’une Hinano – bière local -… un vrai festin ! Le repas s’achève avec un rhum arrangé le cul dans l’eau du lagon, que la vie est dure !

Dernière activité de la journée, visite d’une ferme perlière. L’’occasion d’en apprendre un peu plus sur la manière dont sont créées les perles et surtout de savoir reconnaitre une perle de qualité. Et là je sens que je t’intéresse alors je vais tout t’expliquer !
Les perles sont créées par des huîtres perlières, jusque là je pense que tu étais au courant mais savais-tu que pour faire une perle il fallait implanter dans le mollusque un nucléus – sorte de petite bille de coquillage – mais également un petit bout d’une autre huître perlière. Bon c’est un peu technique mais en gros, toutes les huîtres ne font pas des perles de belles couleurs, alors au démarrage il faut trouver une huître qui fait une belle nacre. Pour cela rien de plus simple, on entrouvre légèrement le coquillage et on observe à l’aide d’un miroir de dentiste la couleur de la nacre au bord de l’huître. Si la couleur est belle, cette dernière sera sacrifiée et on récupérera un bout de sa glande qui fait de la nacre pour l’insérer dans la poche d’une huître qui n’a pas une belle teinte de nacre. Avec une huître sacrifiée on peut faire entre 20 et 30 perles.
Ensuite, on place un nucléus afin que l’huître entoure la bille de sa nacre. Dans la nature, ce sont des grains de sables ou des impuretés qui se placent dans la poche et qui font des perles. Sauf que ces perles “naturelles” ne sont pas parfaitement rondes et ont souvent des formes bizarres, on les appelle keshi. Avec le temps, les Japonais ont réussi à intégrer des billes de coquillage dans les poches pour obtenir ainsi une perle parfaite, c’est une opération très délicate car elle peut tuer l’huître.
Pour obtenir une perle, il faut attendre deux ans. C’est à dire qu’une fois que le nucléus et le bout d’huître sont mis dans la poche, l’huître hôte va mettre deux années pour faire de la nacre autour du nucléus. Au bout de ces années, on récupère la perle, si celle-ci est belle – presque sans défaut, belle nacre, beau lustre – on remplace la perle extraite par un nucléus de la même taille, ainsi la prochaine fois, la perle sera plus grosse. La taille des perles de Tahiti varies de 8mm à 18mm.
Maintenant que tu sais comment est faite la perle, j’imagine que tu te demandes comment on la choisie une fois dans le magasin. En effet, il y en a pour tous les prix et il n’est pas aisé de choisir et de faire une “affaire”.
Pour choisir une perle, il y a déjà la taille et la couleur de la nacre qui dépendent de son propre goût. Ensuite, il existe plusieurs formes, là encore ça dépend des goûts : ronde, baroque (irrégulière ou dissymétrique), semi-baroque (légèrement irrégulière ou dissymétrique), goutte.

Une fois qu’on est fixé sur ces trois paramètres, vient l’aspect technique du choix : les défauts et le lustre. Les défauts sont assez simple à discerner, il s’agit de piqures, des petits trous présents sur la surface de la perle. Il existe plusieurs catégories allant de Top gemme à D. En gros, Top gemme est une perle sans défaut, elle est parfaite ! Une perle de catégorie A aura moins 10% de défauts, B aura moins de 33%, C moins de 66% et D au delà. Plus on augmente la lettre, plus la perle aura de défauts. Mais il est possible de choisir une perle de catégorie A ou B, de la faire percer sur les défauts et hop la perle devient un Top gemme. Bien souvent, les perles parfaites à la sortie de l’huître sont prisonnières d’une “cage” afin de prouver que leur surface est parfaitement lisse et sans impureté sans avoir recours à la petite technique du perçage sur défaut.
Concernant le lustre, c’est l’épaisseur de nacre dont dispose la perle. Pour faire simple, moins il y a de lustre moins la perle brille et plus l’image qu’elle renvoie est flou. Dans une perle d’un lustre parfait tu pourras voir ton nez, tes yeux, ta bouche ainsi que la couleur de ton t-shirt dans la perle et elle brillera intensément. Pour une perle disposant d’un lustre médiocre, tu verras simplement une tache – censé être ta tête – et peut être un point lumineux – une lampe ou le soleil et la perle sera terne. Un beau lustre est la garantie que la perle est d’une très belle qualité car elle dispose d’une couche suffisante de nacre. Les perles de Tahiti sont certifiées disposer d’une épaisseur de nacre d’au moins 1,5 mm tout autour du nucléus.
Il est possible d’acheter des perles déjà montées mais tu peux également acheter des perles nues que tu peux faire percer et monter directement en bijouterie. Dans tous les cas chaque bijou est unique étant donné que chaque perle est unique ! Je te recommande fortement de faire percer ta perle en Polynésie car les bijoutiers disposent des machines adaptées, ce qui n’est pas forcément le cas des bijouteries en France. Mais attention au filou qui voudrait échanger la perle que tu viens d’acheter avec une autre de moins belle qualité, surtout ne pas quitter sa perle des yeux au moment du perçage.
Dans tous les cas, il faudra demander le certificat de ta perle au magasin afin d’avoir la certitude de la provenance de ta perle ainsi que de sa qualité.
Attention : Il est interdit de ramener plus de 10 perles non percées en France sous peine de se les voir réquisitionner à la douane, ça serait dommage !!
Conseil d’entretien : Une perle est un organisme vivant, il faut la préserver des produits chimiques tels que le parfum, shampoing, gel douche, … De plus un petit bain d’eau de mer de temps en temps lui fera le plus grand bien.

 

Bora Bora
Ah la belle Bora Bora… Elle en fait rêver rien qu’avec son nom ! Ce que tu peux imaginer de Bora ce sont des bungalows sur pilotis au milieu d’un lagon dont les dégradés de bleu sont uniques et irréels, et bien tu es dans le vrai.
Alors oui c’est une Île plus touristique que les autres certes, mais elle a quelque chose d’incroyable et malgré son succès elle a su garder son authenticité.
Bon, on te le cache pas, on s’est quand même fait plaisir et on s’est offert une petite folie. Parce que oui, pour nous c’était presque impensable de venir dans ce petit coin de paradis sans dormir au moins une fois dans un bungalow sur pilotis. Et comme on est gourmand, bein on a fait trois nuits ! Et que c’est agréable de dormir dans un vrai et grand lit avec notre propre salle de bain ! Ah qu’on oublie tous ces petits conforts. Je ne te parle même pas des petits déjeuners que l’on se faisait. Mais je te rassure, nous avons gardé notre âme de voyageur, c’était pâté en boite le midi et noodle à la bouilloire le soir.
Anecdote : Pour rejoindre le Sofitel, n’ayant pas les moyens de nous payer le transport proposé par l’hôtel, nous avons fait du stop. Et alors quand il faut annoncer au conducteur que tu vas au Sofitel, je te laisse imaginer la tête qu’il tire. Dans notre cas c’était une mamie de 80 ans qui tient une pension de famille sur l’Île et qui nous a assuré pendant tout le trajet que le transfert aéroport – hôtel était gratuit, même si son petit fils était de notre côté et disait que non. Bref elle a fait 6 km en plus pour nous déposer devant l’hôtel, a demandé à son petit fils de porter nos bagages jusqu’à la réception et de leur demander combien était le transfert – 12800 FPC aller retour par personne … Sans commentaire et Maururu Mamie !
Bon outre ce petit plaisir, il y a une chose immanquable à faire si tu passes par là : nager avec les Raies Manta !! En effet, les raies viennent près d’un chenal dans un lieu qu’on appelle “station de lavage”. En réalité, les raies nagent tranquillement entre deux eaux pas très profondes – environ 5 à 8 m – et elles se font nettoyer par des petits poissons qui mangent leurs impuretés.
L’accès aux balises du chenal est un peu éloigné de la côte et il faut nager une petite dizaine de minutes – palmes obligatoires – pour pouvoir rejoindre le spot. L’idéal est de se rendre au canon américain sur le petit cap de Toretorea. Là, une vahiné a qui le terrain appartient, te garde ton vélo pendant que ses enfants te guident jusqu’au pied de la colline et te montrent le spot aux raies – moyennant 500 FPC par personne.
 Tu peux rester autant de temps que tu veux dans l’eau. A ton retour, elle pourra te faire une démonstration de pliage de paréo, elle en vend d’ailleurs pour 2000 FPC, ce qui est une somme dérisoire comparé à ce que tu peux trouver ailleurs et ils sont très beaux – enfin s’il en reste car il faut dire qu’elle a du succès.
Je t’avoue qu’au prix où nous avons payé le pilotis, nous avons eu une très grande envie d’en profiter. Du coup nous n’avons pas vraiment fait le tour de l’Île mais il parait qu’il faut le faire et qu’il existe des randonnées plutôt sympas qui offrent des panoramas incroyables sur le lagon de Bora Bora qui compte sans aucun doute parmi les plus beaux du Monde.

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